Du 22 au 27 septembre 2026, l’île accueille le congrès annuel de ResoColo. Un signal fort : après plus de 14 ans d’absence, les colonies de vacances françaises reprennent le chemin de Djerba.
Depuis les plages de Sidi Mahrez jusqu’aux ruelles de Houmt Souk, Djerba a toujours su séduire les voyageurs de tous âges. Mais un segment avait quasiment disparu des radars depuis la révolution de 2011 : les colonies de vacances et séjours organisés pour les jeunes en provenance de France. Un oubli qui pourrait bientôt appartenir au passé.
ResoColo pose ses valises à Djerba
Du 22 au 27 septembre 2025, l’île accueille le congrès annuel de ResoColo, l’association française qui fédère les organisateurs de colonies de vacances et de séjours pour la jeunesse. Pas moins de 51 opérateurs spécialisés feront le déplacement, représentant des dizaines de milliers de jeunes Français potentiellement concernés chaque année.
À SAVOIR : RESOCOLO, C’EST QUOI ?
ResoColo est le seul réseau français à rassembler, sans volonté d’hégémonie, des structures de tailles et de statuts différents, associations, sociétés, CSE, fondations, autour d’une même mission : promouvoir le départ en vacances des enfants et des jeunes. En 2024, l’association comptait 48 membres actifs.
L’organisation de cet événement d’envergure à Djerba est le fruit du travail acharné de Hakim Tounsi, à la tête d’Otentic, réceptif tunisien spécialisé dans les séjours collectifs. Un travail de lobbying discret mais efficace, qui a convaincu les décideurs français de reposer leurs valises sur l’île aux Lotophages.
« Un retour des colonies de vacances françaises en Tunisie serait de nature à consolider l’embellie actuelle que connaissent les flux touristiques depuis l’Hexagone. »
2011 : le grand décrochage
Pour comprendre l’enjeu de ce congrès, il faut remonter à 2011. La révolution tunisienne avait sonné le glas d’un tourisme de masse qui avait pourtant fait les beaux jours de l’île depuis les années 1970. Les colonies de vacances, qui envoyaient chaque été des milliers d’enfants et d’adolescents français profiter du soleil djerbien, avaient alors plié bagages, et n’étaient pour la plupart jamais revenues.
Attentats, instabilité politique, montée des perceptions sécuritaires négatives : le secteur du tourisme jeune avait migré vers d’autres destinations méditerranéennes. Un marché perdu, mais pas définitivement.
2025 : la Tunisie repart de l’avant
La Tunisie signe en 2025 une année touristique historique. Le pays a accueilli plus de 11 millions de touristes sur l’année, un record national, générant des recettes touristiques de 8,1 milliards de dinars, en hausse de 6,5 % par rapport à 2024. Le marché français, premier marché européen du pays, a lui-même franchi la barre symbolique du million de visiteurs, avec une progression de 6,2 %.
DJERBA DANS LE TOP 3 DES FRANÇAIS
Selon l’Observatoire des Vacances des Entreprises du Voyage, la Tunisie se hissait dès début 2028 à la troisième place des destinations les plus choisies par les Français, derrière la France et l’Espagne, mais devant le Maroc et l’Égypte, avec une hausse des départs de 23,7 % sur un an.
C’est dans ce contexte de reconquête que le congrès ResoColo tombe à point nommé. L’idée : transformer la visite de 51 décideurs en opportunité commerciale concrète. Si même une poignée de ces opérateurs décide d’intégrer Djerba à leur catalogue de séjours jeunes, c’est potentiellement des milliers de nuitées supplémentaires chaque saison.
Pourquoi Djerba a tous les atouts
Pour les organisateurs de séjours jeunes, Djerba coche beaucoup de cases : une île facilement accessible depuis les grandes villes françaises (Tunisair, Nouvelair, Transavia, et des vols directs depuis Paris, Lyon, Marseille, Nantes…), un cadre sécurisé et bienveillant, une offre hôtelière pléthorique adaptée aux groupes, et surtout une richesse d’activités sans équivalent à ce tarif en Méditerranée.
Baignade à Sidi Mahrez, excursion dans le désert du Sud, nuit sous les étoiles à Ksar Ghilane, visite de la synagogue El Ghriba, plongée dans les souks de Houmt Souk, balade à dos de dromadaire à Douz… La liste est longue. Les opérateurs qui proposent déjà des séjours en Tunisie, comme Les Vacances du Zèbre ou Izeedor, en savent quelque chose : Djerba est une destination qui fait rêver les ados.
Un signal fort pour l’avenir
Au-delà du seul congrès, c’est toute une stratégie de reconquête du marché jeunesse français qui se dessine. Le gouvernement tunisien, par la voix de son ministre du Tourisme Sofiane Tekaya, ne cache pas ses ambitions de diversification : ne plus dépendre uniquement du tourisme balnéaire familial, mais s’ouvrir à de nouveaux segments, tourisme culturel, sportif, médical… et jeunesse.
« Nous ne visons plus seulement le nombre, mais la qualité et la durabilité », résumait Tekaya en 2025. Un discours qui résonne aussi avec les attentes des opérateurs de ResoColo, qui placent l’expérience éducative et humaine au cœur de leurs séjours.
Djerba, après avoir été l’île des touristes, pourrait bientôt redevenir l’île des jeunes explorateurs.
Pour l’île et ses professionnels du tourisme, le rendez-vous de septembre 2026 n’est pas un événement parmi d’autres : c’est peut-être le début d’un chapitre nouveau.
On attend les résultats avec impatience.
