Nice, soleil d’hiver en cascade, bord de mer en costume bleu azur. C’est là, au cœur de cette carte postale vivante, que s’est tenue le 21 novembre la Tuniçoise Meeting, un rendez-vous dont on parlera longtemps, tant il a posé une pierre angulaire dans l’architecture du tourisme durable entre la France et la Tunisie. Car ce jour-là, Nice et Djerba ne se sont pas contentées de se sourire. Elles ont signé un Mémorandum d’Entente, la version diplomatique du « on s’engage pour de vrai », scellant une coopération qui ambitionne rien de moins que de redessiner le futur du voyage méditerranéen. Un futur où chaque touriste laisse une empreinte sur le sable, pas sur la planète.
Un geste symbolique, une vision stratégique
Apposer deux signatures sur un document pourrait sembler banal.
Mais dans la salle, quand le directeur général de l’Office Métropolitain de Tourisme Nice Côte d’Azur a serré la main du délégué régional au tourisme de Djerba, c’est toute une Méditerranée qui s’est mise à respirer autrement.
La Tuniçoise Meeting n’était pas un simple événement protocolaire. C’était un grand rendez-vous de civilisation, où se sont rencontrées deux destinations phares :
– Nice, capitale radieuse de la French Riviera,
– Djerba, perle blanche du Sud tunisien, entre traditions séculaires et horizons infinis.
L’accord vise à réinventer un tourisme maîtrisé, affûté, repensé, où l’économie locale, la culture vivante et l’écologie ne sont plus des options, mais la colonne vertébrale des projets.
Au cœur du mémorandum : l’avenir du tourisme durable
La feuille de route signée entre les deux rives parle de :
– réduction des impacts carbone,
– montée en gamme des hébergements éco-responsables,
– ingénierie touristique partagée,
– valorisation identitaire des cultures locales,
– politiques de gestion des flux touristiques,
– et développement d’un tourisme expérientiel, celui qui rend meilleur, pas seulement bronzé.
Djerba et Nice, toutes deux confrontées au tourisme de masse, choisissent ici de changer de paradigme. Elles décident de passer du “beaucoup de touristes” au “mieux voyager ensemble”.
Dans les couloirs, un expert glisse : « On est en train de bâtir un modèle. Une sorte de laboratoire méditerranéen de la durabilité. » Et il n’a pas tort.
Vers une coopération décentralisée : l’innovation administrative version Méditerranée
L’un des points les plus ambitieux du MOU n’est autre que la coopération décentralisée : un mécanisme fin, souple, moderne, où les décisions ne viennent pas que d’en haut, mais aussi du terrain, du vécu, du quotidien. Cela signifie :
– plus d’agilité,
– des projets pilotés par des acteurs locaux,
– des stratégies adaptées aux réalités de chaque territoire,
– une circulation des bonnes pratiques,
– et une capacité à réagir vite face aux enjeux touristiques : saisonnalité, saturation, fragilité environnementale.
En clair, Nice et Djerba créent un pont opérationnel, loin des grandes déclarations sans lendemain. Un pont où circuleront idées, étudiants, opérateurs touristiques, experts du patrimoine, influenceurs du voyage, designers d’expérience, et pourquoi pas… des chefs cuisiniers venus fusionner les goûts du Sud.
La “Journée Tuniçoise” : quand deux cultures se mélangent comme un thé à la menthe dans un verre givré de citron
Au-delà de la signature, la Tuniçoise Day fut un festival d’échanges, un salon de l’intelligence touristique franco-tunisienne. On y a parlé :
– co-branding méditerranéen,
– packages croisés Nice-Djerba,
– mobilité durable,
– tourisme sportif,
– tourisme lent,
– digitalisation des parcours visiteurs,
– et protection des patrimoines sensibles.
Mais surtout, on y a rêvé d’un voyage où un touriste pourrait découvrir Nice le matin, arpenter l’avenue Jean Médecin, goûter une socca brûlante… et s’envoler le lendemain vers Djerba pour saluer les palmiers au lever du soleil, s’asseoir dans une houch djerbienne, ou se perdre dans la lumière du village d’Erriadh.
Un pacte méditerranéen qui ouvre la voie à un nouvel âge du voyage
Ce MOU n’est pas un clap de fin. C’est le premier chapitre d’un livre qui s’annonce dense, ambitieux, presque visionnaire.
Nice et Djerba disposent d’atouts extraordinaires, mais aussi de défis communs :
– protéger leurs lagunes et littoraux,
– repenser la consommation d’eau,
– valoriser les cultures,
– créer des expériences touristiques authentiques,
– rassurer les communautés locales,
– et proposer aux visiteurs un tourisme qui fait sens.
En unissant leurs forces, les deux destinations deviennent des pionnières d’un tourisme méditerranéen résilient, à la fois doux, rentable et protecteur. Si ce pari réussit, il pourrait inspirer Barcelone, Malte, Crète, Sardaigne, ou même d’autres archipels… Un véritable effet domino vert.
La Méditerranée a trouvé sa nouvelle histoire.
Et elle commence entre Nice et Djerba.
Ce mémorandum, signé entre deux territoires qui ont déjà tant offert au monde, est peut-être le début d’un tourisme du XXIᵉ siècle enfin aligné sur ses responsabilités. Et si demain les voyageurs disaient : “Je choisis Nice et Djerba non seulement pour leurs paysages, mais pour leur vision.” Alors on saurait que la Tuniçoise Meeting aura porté ses fruits.
Parce que parfois, une signature suffit pour réenchanter un horizon.
Et cette fois, cet horizon s’étire d’une rive à l’autre, sous le même soleil partagé.
