DJERBA, L’ÎLE OUBLIÉE DU CIEL MÉDITERRANÉEN
Djerba est une île paradoxale. Ouverte sur le monde par son histoire, son patrimoine millénaire, son inscription à l’UNESCO, sa capacité hôtelière, son climat doux toute l’année… mais étonnamment fermée dans le ciel méditerranéen.
Alors que l’île est directement reliée à des villes lointaines comme Londres, Manchester, Paris ou plusieurs villes allemandes, elle reste quasi absente des liaisons régulières avec ses voisins naturels : l’Espagne, le Portugal, l’Italie.
Un non-sens géographique.
Un non-sens économique.
Un non-sens stratégique.
LE PARADOXE DES CONNEXIONS
À moins de deux heures de vol de Barcelone, Madrid, Rome, Lisbonne ou Porto, Djerba ne bénéficie que de liaisons saisonnières, irrégulières, souvent affrétées par des tour-opérateurs, et rarement accessibles à l’achat direct par le grand public.
Quand ces lignes existent, elles sont :
- limitées à l’été,
- conditionnées à un TO,
- absentes du reste de l’année,
- impossibles à réserver librement dans la majorité des cas.
Autrement dit :
- le marché existe,
- la demande existe,
- mais l’offre est verrouillée.
TUNIS, L’HYPER-CONNECTÉE… DJERBA, LA GRANDE ABSENTE
Prenons un exemple simple : Barcelone.
- En février, Tunis est reliée à Barcelone 3 fois par semaine
- À partir d’avril, Nouvelair s’ajoute
- En juin, Vueling explose les fréquences jusqu’à 5 vols par semaine
Même logique pour Madrid, Rome, Lisbonne, Porto. Tunis est traitée comme un hub. Djerba, comme une destination secondaire… alors qu’elle est la première destination touristique du pays.
Oui, Tunis est la capitale. Oui, les enjeux économiques sont différents.
Mais le potentiel de Djerba dépasse largement son statut actuel.
LA PREUVE PAR LES FAITS : QUAND ON OSE, ÇA MARCHE
En 2025, Nouvelair ouvre une liaison directe Djerba–Lisbonne.
Deux rotations. Résultat ?
-Complet. Rapidement.
-Des vols partis comme des petits pains.
Même scénario pour Rome avec Neos, ou le Portugal avec TAP Air via affrètement. La demande est là. Ce n’est donc pas une question de marché.
C’est une question de vision.
EASYJET, VUELING, TAP… POURQUOI PAS DJERBA ?
Comment expliquer qu’EasyJet puisse proposer des billets à 15–30 € depuis Manchester ou Londres, et qu’aucune compagnie low-cost méditerranéenne ne soit durablement positionnée sur Djerba ?
Pourquoi :
- pas Vueling depuis Barcelone ou Madrid ?
- pas TAP Air depuis Lisbonne ou Porto ?
- pas ITA Airways / Neos depuis Rome ?
👉 Une rotation par semaine suffit pour démarrer.
👉 Le taux de remplissage peut être travaillé.
👉 Le risque est maîtrisé.
DJERBA, UN HUB NATUREL POUR LE SUD TUNISIEN
Djerba ne dessert pas seulement Djerba. Elle dessert :
- le Sud tunisien,
- le Sahara,
- Zarzis, Tataouine, Douz, Ksar Ghilane,
- les Tunisiens résidant à l’étranger,
- le tourisme culturel, saharien, hivernal.
Djerba coche toutes les cases :
✔ capacité hôtelière
✔ attractivité hors saison
✔ climat
✔ patrimoine
✔ position géographique
✔ demande réelle
Ce n’est pas une utopie.
C’est une opportunité stratégique ignorée.
LA VRAIE QUESTION
Pourquoi Djerba reste-t-elle dépendante :
- de la saison estivale,
- des tour-opérateurs,
- d’un modèle ancien,
alors qu’elle pourrait devenir un hub méditerranéen du Sud, au service de toute une région ?
Ce n’est pas un cri de colère. C’est un appel à la cohérence.


