La Fédération Tunisienne de l’Hôtellerie (FTH) ne mâche pas ses mots. Face aux perturbations répétées du transport aérien intérieur, notamment vers Djerba et Tozeur, elle dénonce une crise structurelle qui menace non seulement l’économie touristique, mais aussi le droit fondamental des citoyens à se déplacer.
Les problèmes rencontrés varient selon leur intensité. Dans certains cas, il s’agit d’un simple vol retardé : l’impact est limité et bien connu des voyageurs habituels. Mais parfois, la situation devient beaucoup plus critique. Des touristes et des voyageurs effectuent une escale à Tunis, espérant continuer leur voyage vers Djerba ou Tozeur, et se retrouvent bloqués par des retards prolongés ou des annulations. Dans d’autres situations, la compagnie doit improviser en louant un avion supplémentaire ou en déployant un appareil plus grand pour absorber le flux de passagers.
La Fédération souligne les conséquences concrètes de cette paralysie aérienne :
- Isolement forcé des régions stratégiques comme Djerba et Tozeur, perturbant les déplacements professionnels, familiaux et médicaux des citoyens.
- Impact direct sur le tourisme, notamment sur la fréquentation des hôtels et la coordination avec les agences de voyages, fragilisant les efforts de promotion de la Tunisie insulaire et désertique.
- Absence de solutions alternatives efficaces, le transport terrestre étant insuffisant pour compenser la réduction drastique des vols.
La FTH appelle les autorités à un interventionnisme immédiat et concret, soulignant que le maintien de cette situation menace la compétitivité de l’économie nationale et l’image internationale de la destination tunisienne. L’organisation insiste sur la nécessité de partenariats public-privé solides avec les compagnies aériennes, afin de garantir un minimum de rotations quotidiennes vers ces zones touristiques vitales.
Pour la Fédération, chaque vol annulé est plus qu’un simple retard : c’est un signal d’alarme pour tout le secteur touristique et économique tunisien. Djerba, joyau balnéaire et culturel de la Tunisie, ne peut rester isolée du reste du pays si l’on veut préserver sa place sur la scène internationale.
Au-delà du partenariat public-privé avec les compagnies aériennes, il serait envisageable d’adapter la taille des avions en fonction des taux de remplissage sur les liaisons vers Djerba et Tozeur tout au long de l’année. Si l’île affiche un taux de fréquentation élevé, pourquoi ne pas systématiquement déployer des appareils plus grands, afin d’éviter les annulations et de fluidifier le transport aérien ?
Une solution concrète pourrait être la mise à disposition d’un Airbus A320 pour la ligne Tunis-Djerba, permettant d’absorber la forte demande tout au long de l’année, avec un accent particulier sur les périodes de fêtes et la haute saison estivale. L’utilisation d’un appareil de cette capacité permettrait de garantir des rotations régulières, de diminuer le risque d’annulations et de maximiser le taux de remplissage, tout en assurant un meilleur confort pour les passagers.
D’autres solutions complémentaires pourraient également être envisagées :
- Diversifier les appareils selon la saison pour ajuster l’offre à la demande réelle.
- Optimiser la planification des vols en synchronisant mieux les escales à Tunis pour réduire les retards cumulés.
- Mettre en place des incitations pour les compagnies aériennes afin de maintenir une fréquence minimale de vols journaliers vers Djerba et Tozeur.
