La situation de Tunisair est aujourd’hui au cœur de toutes les attentions après les révélations chocs du ministre du Transport. Le 20 avril, devant l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), Rachid Amri a levé le voile sur la santé réelle de la compagnie nationaleLe 20 avril 2026 restera une date marquante pour le ciel tunisien. Devant l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), le ministre du Transport, Rachid Amri, a levé le voile sur la situation réelle de Tunisair. Entre une flotte réduite à sa plus simple expression et une dette abyssale, le pavillon national tente un pari industriel risqué pour sauver sa saison 2026. Décryptage pour les amoureux de Djerba et les usagers de la compagnie.
UNE SITUATION « LAMENTABLE » : LE CONSTAT D’UN HÉRITAGE LOURD
Il n’y a plus de place pour la langue de bois. Le ministre a été limpide : Tunisair a été trouvée dans une « situation lamentable », opérant avec seulement 6 à 7 avions en état de service fin 2025. Pour une compagnie qui comptait 33 appareils en 2011, la chute est vertigineuse.
Ce manque d’avions explique la frustration vécue par de nombreux passagers l’été dernier : retards chroniques, annulations et une tension opérationnelle permanente. Mais au-delà de la logistique, c’est le mur de l’argent qui bloque l’horizon.
LE MUR DE LA DETTE : 2 600 MILLIONS DE DINARS À FRANCHIR
Le chiffre donne le vertige : 2,6 milliards de dinars de dettes. Cette situation rend Tunisair « non bancable ». En clair, la compagnie ne peut plus solliciter de prêts classiques pour acheter de nouveaux appareils ou financer de grosses réparations.
L’objectif prioritaire de 2026 est la validation des états financiers (2023 à 2025). C’est la condition sine qua non pour restaurer la crédibilité de la Gazelle auprès des partenaires financiers internationaux et sortir de cette zone de turbulences comptables.
LE PLAN DE LA DERNIÈRE CHANCE : 18 AVIONS D’ICI FIN 2026 ?
Pour redresser la barre, le ministère mise sur une remontée en puissance de la flotte. Voici le calendrier annoncé :
-Avril 2026 : 12 avions opérationnels.
-Juin 2026 : 16 avions grâce à l’acquisition de moteurs pour un Airbus A320 et un A330.
-Fin 2026 : Un objectif de 18 appareils, dont 3 en dry lease (location de l’avion seul).
L’analyse de Sortir à Djerba : Le ministre a précisé que le seuil de rentabilité se situe à 21 avions. Même si le plan est exécuté à la lettre, Tunisair restera en déficit structurel à la fin de l’année. La stratégie est claire : faire voler un maximum pour générer du cash et réinjecter chaque dinar dans la maintenance des moteurs.
SÉCURITÉ ET CONFORMITÉ : LA PRIORITÉ ABSOLUE
S’il y a un point positif à retenir, c’est celui de la sécurité. Le « facteur de conformité technique », qui avait grimpé jusqu’à 3.5 (zone de danger), est désormais repassé sous la barre de 1.
Cela signifie que les avions qui volent aujourd’hui sont plus sûrs, plus propres et plus conformes aux standards internationaux. Tunisair a fait le choix douloureux de clouer ses avions au sol plutôt que de sacrifier la sécurité des passagers. Une décision courageuse qui commence enfin à porter ses fruits.
TUNISAIR EXPRESS : L’URGENCE POUR LE TOURISME INTÉRIEUR
La situation de la filiale Tunisair Express reste préoccupante. Malgré des tarifs jugés élevés par les usagers, elle demeure déficitaire. Pour nous, à Djerba, cette filiale est vitale. Le ministre promet l’arrivée de deux avions de capacité moyenne d’ici fin 2026 pour renforcer les liaisons domestiques. Un dossier que nous suivrons de très près pour le désenclavement de notre île.
EN RÉSUMÉ : NOSTALGIE OU PRAGMATISME ?
Invoquer le prestige historique de Tunis-Carthage ne suffira pas à calmer l’exigence des voyageurs modernes. Le salut de Tunisair passera par une exécution chirurgicale de son plan de maintenance et une transparence totale sur ses comptes.
La Gazelle court à nouveau, mais elle est encore très essoufflée. Pourra-t-elle tenir la cadence de la saison estivale 2026 ? Le ciel nous le dira bientôt.
