Djerba, laboratoire énergétique de la Tunisie : 3 415 lampes LED et un projet national pilote pour une première historique
Sur une île longtemps célébrée pour ses plages, son patrimoine et sa lumière, c’est désormais une autre clarté qui s’impose : celle d’une transition énergétique concrète, mesurable, ambitieuse. Djerba ne se contente plus de rayonner au soleil. Elle optimise chaque watt, chaque ressource, chaque opportunité.
3 415 LAMPES LED : LA RÉVOLUTION SILENCIEUSE
Avec l’installation de 3 415 lampes LED couvrant près de 50 % de son territoire, Djerba a enclenché une transformation structurelle de son éclairage public. Le projet, piloté par l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), s’inscrit dans une stratégie nationale claire : réduire la consommation, maîtriser la dépense publique et accélérer la transition énergétique des collectivités locales.
Soutenue par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), avec un financement du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), l’opération de relamping affiche des résultats sans équivoque :
- –50 % de consommation électrique
- Environ 900 tonnes de CO₂ évitées chaque année
- Près de 630 000 dinars d’économie annuelle
- Plus de 60 000 habitants bénéficiaires
Au-delà des chiffres, l’impact est tangible : une meilleure visibilité nocturne, une sécurité routière renforcée, un confort accru pour les déplacements après le coucher du soleil. Djerba éclaire mieux, mais surtout, elle éclaire autrement.
DJERBA, LABORATOIRE ÉNERGÉTIQUE À CIEL OUVERT
L’île ne s’arrête pas à la LED. Elle devient aujourd’hui le terrain pilote d’un projet stratégique de valorisation énergétique des déchets (VED), au cœur d’une mission technique tripartite entre la Tunisie, l’Italie et le PNUD, récemment lancée à Rome.
Cette mission, organisée en coordination avec le centre de Rome du Programme des Nations Unies pour le développement, vise à accélérer le déploiement de la VED à partir du modèle djerbien, avec une ambition claire : faire de l’île un prototype exportable à l’échelle nationale.
Face aux défis croissants du traitement des déchets, la Tunisie explore une voie stratégique : transformer les résidus en ressource énergétique. À Rome, les échanges avec le ministère italien de l’Environnement et de la Sécurité énergétique (MASE), représenté par son directeur général des Affaires européennes et internationales, Alessandro Guerri, ont porté sur les cadres réglementaires, le biométhane et les mécanismes d’économie circulaire.
Une table ronde réunissant entreprises spécialisées, associations industrielles et la Cassa Depositi e Prestiti (CDP) a permis de poser les bases de partenariats public-privé structurants. En ligne de mire : la bancabilité des projets et l’élargissement de l’initiative PISTA pour financer des infrastructures énergétiques durables.
UNE ÎLE QUI ANTICIPE
Ce qui se joue à Djerba dépasse le simple cadre insulaire. L’île devient une matrice. Un terrain d’expérimentation maîtrisé où se conjuguent :
- efficacité énergétique,
- réduction des émissions,
- économie circulaire,
- attractivité pour l’investissement international.
Dans un contexte où les collectivités locales cherchent à rationaliser leurs dépenses tout en respectant leurs engagements climatiques, Djerba propose une équation rare : moins de consommation, plus de performance, davantage de résilience.L’éclairage LED réduit la facture et la valorisation des déchets transforme la contrainte en levier. L’ensemble dessine une trajectoire cohérente : celle d’une île méditerranéenne qui ne subit plus la transition énergétique, mais la pilote.
DJERBA, VITRINE TUNISIENNE DE LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE
En conjuguant relamping massif et projet pilote de valorisation énergétique des déchets, Djerba s’impose comme une vitrine nationale et un signal fort adressé aux investisseurs internationaux.
Ici, la transition énergétique n’est plus un slogan institutionnel. Elle devient un récit économique, environnemental et stratégique. Un récit où chaque lampe LED et chaque tonne de déchets revalorisée racontent une Tunisie en mouvement.
