Starlink ouvre les précommandes en Tunisie
Le ciel s’invite dans le débat numérique tunisien. Depuis peu, Starlink affiche la Tunisie comme “disponible à partir de 2026” et propose un acompte de 9 dollars, déductible du prix final du kit. Autrement dit, l’opérateur teste déjà le terrain. Pourtant, la licence officielle n’a toujours pas été accordée.
UNE OUVERTURE COMMERCIALE… MAIS UN CADRE ENCORE FLOU
Pour l’instant, les autorités n’ont pas délivré d’autorisation formelle. Elles ont lancé une réflexion stratégique afin d’évaluer l’impact du satellite en orbite basse (LEO) sur l’écosystème national. En effet, la Tunisie déploie actuellement la 5G et accélère la fibre optique. Par conséquent, l’État souhaite éviter une substitution trop rapide des réseaux terrestres.
Cependant, le LEO ne vise pas à remplacer totalement les infrastructures existantes. Au contraire, il peut les compléter, notamment dans les zones où la couverture reste inégale. Ainsi, le débat ne porte pas seulement sur la technologie, mais aussi sur l’équilibre du marché.
DJERBA : UN LABORATOIRE NATUREL POUR LE SATELLITE
Djerba ne se résume pas à ses plages. L’île combine agriculture, tourisme et projets immobiliers parfois éloignés des grands axes. Or, dans certaines zones, la connexion demeure instable. Dès lors, une solution satellitaire pourrait transformer le quotidien de plusieurs acteurs locaux.
Agriculture : produire mieux grâce au numérique
D’abord, les exploitations agricoles situées en périphérie gagneraient en autonomie. Une connexion fiable permettrait de suivre l’irrigation à distance, d’accéder aux plateformes de vente en ligne et de consulter des données météo précises. En conséquence, les agriculteurs optimiseraient leur gestion et renforceraient leur compétitivité.
Maisons d’hôtes : le Wi-Fi devient un critère décisif
Ensuite, les maisons d’hôtes nichées dans la campagne djerbienne rencontrent parfois des limites de débit. Or, aujourd’hui, un client réserve, paie et évalue en ligne. Sans connexion stable, l’expérience s’effrite. À l’inverse, une solution satellitaire garantirait la continuité des réservations, des paiements et de la communication digitale. Ainsi, ces établissements préserveraient leur image et leur rentabilité.
Zones difficiles d’accès : réduire l’inégalité numérique
Par ailleurs, certains projets touristiques ou agricoles se développent loin des centres urbains. Dans ces zones, le raccordement terrestre coûte cher et prend du temps. Le satellite, lui, contourne ces contraintes. Par conséquent, il pourrait réduire l’écart entre centre et périphérie.
UN MARCHÉ EN CROISSANCE, UNE STRATÉGIE ASSUMÉE
Les estimations évoquent environ 10 000 abonnés à court terme et jusqu’à 300 000 à l’horizon 2030. De ce fait, l’enjeu dépasse le simple test commercial.
En parallèle, les opérateurs titulaires d’une licence fixe, Tunisie Telecom, Ooredoo Tunisie et Orange Tunisie, peuvent déjà proposer des solutions LEO dans le cadre de leurs autorisations actuelles, sous certaines conditions techniques liées au routage des données. Toutefois, la question de la souveraineté numérique reste centrale.
En ouvrant les acomptes dès maintenant, Starlink avance ses pions. D’une part, l’entreprise mesure l’intérêt réel des Tunisiens. D’autre part, elle renforce sa position dans les discussions réglementaires.
2026 : TOURNANT NUMÉRIQUE POUR L’ÎLE ?
En définitive, la question ne concerne pas uniquement la vitesse de connexion. Elle touche au développement territorial, à la compétitivité touristique et à l’équilibre des infrastructures.
Si 2026 confirme l’arrivée officielle du LEO en Tunisie, Djerba pourrait bien devenir l’un des premiers territoires à ressentir l’impact concret de l’internet orbital. Entre terre, mer et désormais satellites, l’île avance, et le ciel n’a jamais semblé aussi proche.
